Dosages de chaux

La chaux est un liant, son rôle est de fixer ensemble les grains de sable en comblant les vides entre ces derniers.

A ce titre, lorsque l’on cherche à réaliser un mortier de chaux, le choix du sable est très important voire prépondérant. On va donc privilégier un sable non lavé, riche en particules fines (argiles et limons) et avec un étalement granulométrique le plus régulier possible. A ce titre, c’est le sable qui va dicter les dosages : plus le sable est riche en fines et plus sa courbe granulométrique est régulière moins on aura besoin de chaux (car on aura moins de vides).

Un bon sable doit avoir un « équivalent sable » de l'ordre de 75 %, c'est le pourcentage de sable propre par rapport aux fines. Il reste encore quelques carrières en Bretagne qui fournissent des sables non lavé mais les sables que l'on trouve couramment dans le commerce sont des sables lavés, ayant un équivalent sable supérieur à 90 %.

 

Dans le cas, ou on ne trouve pas un sable non lavé, on peut tricher un peu en rééquilibrant un sable lavé par l’adjonction de terre argileuse. Cela aura plusieurs effets :

  • cela limitera le dosage en chaux (donc ce sera plus économique)
  • on aura un mortier d’une couleur correspondant au terroir
  • le mortier sera plus cohésif et gagnera en hydraulicité

 

Mais... un surdosage en fines entraîne un mortier à prise plus lente, sensible à la pluie et au gel sur une période plus longue, une diminution de sa résistance mécanique, et des retraits (faïençage).

Le dosage dépend aussi du foisonnement : le sable n'occupe pas le même volume lorsqu'il est sec que lorsqu'il est humide : plus le sable est humide, plus il foisonne et plus il faut en rajouter, pour un même volume de liant.

Les paramètres sont donc nombreux, lorsque l'on désire mettre en œuvre un mortier de qualité : les dosages indiqués ci-dessous sont ainsi donnés à titre indicatif. L’homme de l’art procède généralement de façon empirique dans les dosages. Pour un néophyte, il peut être intéressant de procéder à des tests pour valider les dosages avec l’usage envisagé du mortier en prenant garde à la reproductibilité du process.

La culture du ciment a entraîné les professionnels à parler de kg/m³, ce qui est contraire à la règle de correspondance des unités de mesure : il est en effet plus logique de parler de proportions de volume à volume. Pour la chaux aérienne, la densité varie de 0,4 à 0,8, voire davantage, selon ses qualités : plus elle est légère, mieux elle convient pour des travaux fins : finition d'enduits, badigeons.

 

Les dosages sont donc toujours donnés en rapports de volume.

À noter qu'une brouette remplie à ras contient 60 litres.

 

Les dosages ci-dessous sont donnés à titre d’exemple, ils ne peuvent se soustraire à une bonne analyse du support, et des matériaux utilisés. Cette étape est la clé d’un mortier de chaux sain, durable et esthétique.

Enduits

Au XIXème siècle, les enduits étaient mono-couche. Les enduits en 2 voire 3 couches datent du XXème, avec l'apparition des matériaux préfabriqués aux surfaces lisses, qui imposaient, et notamment pour les enduits durs à base de chaux hydraulique, la présence d'une surface d'accrochage.

Un enduit sur mur de pierres, appliqué dans les règles de l'art, est composé de 3 couches :

  1. le giclage, ou gobetis, ou mouchetis. Le support doit être mouillé la veille. Il constitue la couche d'accrochage du corps d'enduit. Son dosage est de 1 volume de chaux pour 1 à 2 volumes de sable.
  2. le corps d'enduit, ou dégrossis. Le support doit être mouillé la veille.Le mortier est dosé, pour 1 volume de chaux, de 3 à 4 volumes de sable.
    Le délai d'attente est celui qui permet au dégrossis d'être sec, et de couleur homogène.
  3. la couche de finition. Le support doit être mouillé la veille.Son dosage est de 1 volume de chaux pour 4 à 7 volumes de sable.

Les finitions peuvent être variées :

  • talochée, afin de respecter les ondulations du mur,
  • ou graissées : lorsque l'enduit a commencé son durcissement, on le resserre à la truelle, puis on passe une fine pellicule de pâte de chaux avec le dos de la truelle, à la manière d'un plâtrier passant son enduit. Cette pâte peut être colorée dans le ton du mortier utilisé.

Mais... en aucun cas, la finition ne doit être grattée : en effet, cette opération détruit la fine pellicule de calcaire qui protège l'enduit.
La dureté des couches d’enduit va donc du plus dur à l'intérieur, au plus tendre à l'extérieur ; dans le cas de mur en terre, les proportions sont inversées : le plus tendre à l'intérieur, le plus dur à l'extérieur.

La dureté des couches d’enduit va donc du plus dur à l'intérieur, au plus tendre à l'extérieur ; dans le cas de mur en terre, les proportions sont inversées : le plus tendre à l'intérieur, le plus dur à l'extérieur.

 

Voir également la fiche technique : les enduits à la chaux

&  les stages " enduits, joints et finitions à la chaux naturelle " organisés par l'association

 

 

Joints

1 volume de chaux pour 4 volumes d'un mélange :

  • 1/3 de terre argileuse du pays,
  • 2/3 de sable lavé.

 

Le volume de chaux peut lui-même être constitué de :
dans le cas de façades exposées :

  • 2/3 de chaux aérienne,
  • 1/3 de chaux hydraulique naturelle;

dans le cas de façades peu exposées, de chaux aérienne seule.

 

Maçonnerie

La dureté du mortier est inversement proportionnelle à... la qualité de l'appareillage ! Ne perdons pas de vue que nos maisons étaient maçonnées à l'argile...
Le dosage peut ainsi aller de 1 volume de chaux pour 4 à 7 volumes de sable.

 

Se reporter à la fiche technique " les murs ".

Béton de chaux

Il s'agit de la forme de béton destinée à recevoir la chape et les carreaux, si toutefois sa présence est nécessaire.

Pour faire un mètre cube de béton de chaux :

  • 400 L de sable 0/4
  • 800 L de gravier (gravier à béton par exemple 10/14)
  • 200 kg de chaux (soit environ 250 L de chaux)

 

 

Badigeons

1 volume de chaux aérienne très pure, pour 2 volumes d'eau.